L’Héautontimorouménos

À J.G.F.

Je te frapperai sans colère
Et sans haine, comme un boucher,
Comme Moïse le rocher
Et je ferai de ta paupière,

Pour abreuver mon Saharah
Jaillir les eaux de la souffrance.
Mon désir gonflé d’espérance
Sur tes pleurs salés nagera

Comme un vaisseau qui prend le large,
Et dans mon coeur qu’ils soûleront
Tes chers sanglots retentiront
Comme un tambour qui bat la charge!

Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord

Elle est dans ma voix, la criarde!
C’est tout mon sang ce poison noir!
Je suis le sinistre miroir
Où la mégère se regarde.

Je suis la plaie et le couteau!
Je suis le soufflet et la joue!
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau!

Je suis de mon coeur le vampire,
—Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés
Et qui ne peuvent plus sourire!

I, too, occasionally indulge in a bit of self-torment—as when I attempt to translate Baudelaire into English verse. It is not an easy task, and I am never entirely up to it. I always want to adhere as closely as possible to Baudelaire’s grammar, rhythm and vocabulary, but the mere act of translation demands significant departures (and thus sacrifices). Still, there is no benefit to self-torment if it is not performed in public, so I here present my latest (but certainly not last) exercise in self-abuse. Would that it were only self-abuse—Baudelaire is obviously the most unfortunate victim, but my apologies, too, to anyone else who reads it!

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